Le Pékinois

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En bref : Ancien chien de compagnie exclusif de la cour impériale chinoise, le Pékinois est un petit chien fier, digne et très attaché à son maître, reconnaissable à son allure « léonine ». C'est aussi une race brachycéphale : son standard officiel exige désormais explicitement l'absence de tout signe de détresse respiratoire, un point de vigilance essentiel à connaître avant d'adopter.

Le Pékinois en un coup d'œil
Origine Sexe Poids Espérance de vie Prix moyen
Chine Mâle 5 kg maximum 13,3 ans (étude britannique de 2024) 900-1 500 €
Femelle 5,4 kg maximum

La taille au garrot n'est pas précisée dans le standard officiel FCI, qui ne fixe qu'un poids maximal.

01 — Le Pékinois en bref

Reconnu par la FCI sous le numéro de standard 207 (révision du 26 mars 2009), le Pékinois appartient au Groupe 9 (Chiens d'agrément et de compagnie), section 8 « Épagneuls japonais et Pékinois ». Point notable : le standard officiel précise explicitement que « tout signe de détresse respiratoire (...) ou d'incapacité à se déplacer correctement est inacceptable » — une clause qui reflète les préoccupations actuelles autour des races brachycéphales, détaillées plus loin dans cet article[1].

02 — Origine et histoire

Le Pékinois est l'une des races les plus anciennes de compagnie, originaire de Chine, où il était réservé à la cour impériale : posséder un Pékinois en dehors du Palais était historiquement interdit à la population. Son apparence si particulière — tête large, museau très court, allure « léonine » — est entourée de légendes chinoises, notamment celle « du lion et du singe marmouset », qui raconte une union surnaturelle censée expliquer ce mélange de traits. Il s'agit bien d'une légende, et non d'un fait historique établi : nous le précisons pour éviter toute confusion[2].

La race est restée pratiquement inconnue en Occident jusqu'en 1860, lors de la Seconde Guerre de l'opium : les troupes britanniques et françaises ont pillé le Palais d'Été (Ancien Palais d'Été) à Pékin. Le capitaine britannique John Hart Dunne y a trouvé un Pékinois esseulé dans les ruines du palais et l'a rapporté en Angleterre, où il a été offert à la reine Victoria, qui l'a baptisé « Looty ». C'est cet épisode, bien documenté, qui marque l'introduction de la race en Occident[2].

03 — Caractère et besoins

Le standard officiel décrit un chien « courageux, loyal, distant sans être timide ni agressif ». Les guides de race consultés confirment ce tempérament digne et indépendant : le Pékinois choisit ses affinités, se montre réservé envers les inconnus, et demande du temps avant d'accorder sa confiance. Malgré son petit gabarit, c'est un chien au caractère affirmé, parfois têtu, hérité de son histoire de chien de cour plutôt que de simple chien d'agrément docile[3].

Sa démarche « roulante » caractéristique aurait été, selon certaines sources, favorisée par la sélection historique pour limiter ses capacités de déplacement rapide et l'empêcher de s'éloigner de son maître — une hypothèse à prendre avec la même prudence que les légendes d'origine, faute de preuve historique formelle.

04 — Santé : une race brachycéphale, une vigilance nécessaire

Le Pékinois fait partie des races à tête très courte (brachycéphales), au même titre que le Bouledogue français, le Carlin ou le Bouledogue anglais. La Commission scientifique de la FCI a publié un rapport officiel dédié au syndrome obstructif respiratoire des brachycéphales (SORB / BOAS), qui cite explicitement le Pékinois parmi une douzaine de races concernées. Ce syndrome se traduit par une réduction du passage de l'air et une pression négative accrue dans les voies respiratoires, avec des symptômes pouvant aller de la simple gêne respiratoire à l'intolérance à la chaleur et à l'effort, jusqu'à la cyanose et le collapsus dans les cas les plus graves[4].

Le même rapport officiel indique que les études disponibles évoquent une prévalence du SORB allant de moins de 10 % à 50 % selon les races brachycéphales étudiées, tout en précisant que ces chiffres doivent être interprétés avec prudence en raison de la taille souvent restreinte des échantillons et de méthodologies hétérogènes selon les études. Nous reprenons donc cette fourchette telle quelle, sans l'attribuer à un pourcentage précis pour le Pékinois spécifiquement, faute de donnée isolée fiable pour cette race[4]. La FCI recommande notamment un dépistage respiratoire standardisé (méthode de Cambridge), l'exclusion des sujets atteints de la reproduction, et une meilleure formation des juges, éleveurs et propriétaires à la reconnaissance des signes du syndrome[4].

Au-delà de la question respiratoire, plusieurs sources signalent chez le Pékinois une fragilité oculaire liée à la conformation du visage (ulcères de la cornée, sécheresse oculaire pouvant apparaître spontanément), une intolérance marquée à la chaleur imposant une vigilance particulière l'été, et le traumatisme physique comme cause de mortalité fréquente chez les petites races en général[2]. Une étude britannique de 2024 établit une espérance de vie moyenne de 13,3 ans pour la race, légèrement supérieure à la moyenne des chiens de race pure[2].

Ces éléments sont donnés à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un vétérinaire, seul habilité à examiner et suivre votre chien. Ils ne visent pas à dissuader d'adopter cette race, mais à permettre un choix éclairé : privilégiez un éleveur pratiquant un dépistage respiratoire de ses reproducteurs.

05 — Éducation

Le Pékinois demande, selon les sources consultées, de la patience, de la constance et une réelle expertise du fait de son caractère indépendant et parfois entêté. Une inscription en club d'éducation canine est régulièrement recommandée pour favoriser sa socialisation avec d'autres chiens et bénéficier d'un accompagnement adapté à son tempérament particulier.

L'exercice physique doit rester modéré et adapté à ses capacités respiratoires : privilégiez les sorties courtes, en évitant les fortes chaleurs et les efforts intenses.

06 — Budget et prix

Comptez généralement entre 900 et 1 500 € pour un chiot Pékinois inscrit au LOF (la race est officiellement enregistrée sous le nom d'« Épagneul Pékinois » en France). Nous n'avons pas trouvé de chiffre fiable et spécifique pour le budget d'entretien annuel ; par prudence, nous préférons le signaler plutôt que d'avancer un montant non vérifié[5].

Selon les statistiques officielles de la Société Centrale Canine, 74 Pékinois ont été inscrits au LOF en France en 2025, contre 87 en 2024 — une race désormais confidentielle sur le territoire français[6].

07 — Le Pékinois est-il fait pour vous ?

C'est un chien de compagnie adapté à la vie en appartement, pour un maître présent, patient et prêt à composer avec un caractère indépendant et parfois têtu. Compte tenu des enjeux respiratoires propres à sa morphologie brachycéphale, ce n'est pas un compagnon idéal pour un mode de vie très actif ou pour un climat particulièrement chaud sans aménagements.

Avant de vous engager, renseignez-vous sur les démarches pour adopter un chien de manière responsable, et privilégiez un éleveur transparent sur la santé respiratoire de ses reproducteurs, conformément aux recommandations actuelles de la FCI pour les races brachycéphales.

Questions fréquentes

Le Pékinois a-t-il des problèmes respiratoires ?
C'est un risque réel à connaître : le Pékinois fait partie des races brachycéphales citées par la Commission scientifique de la FCI dans son rapport sur le syndrome obstructif respiratoire (SORB). Tous les Pékinois n'en souffrent pas, mais il est essentiel de choisir un éleveur qui pratique un dépistage respiratoire de ses reproducteurs.
Qui était Looty, le premier Pékinois arrivé en Europe ?
Looty était un Pékinois trouvé par un officier britannique lors du pillage du Palais d'Été de Pékin en 1860, puis offert à la reine Victoria. C'est l'un des tout premiers Pékinois connus en Occident.
Le Pékinois supporte-t-il bien la chaleur et l'exercice ?
Non, c'est un point de vigilance important compte tenu de sa morphologie brachycéphale. Les sorties doivent rester courtes et modérées, en évitant les fortes chaleurs et les efforts physiques intenses.
Le Pékinois est-il rare en France ?
Oui, c'est aujourd'hui une race confidentielle : seulement 74 chiots ont été inscrits au LOF en 2025 selon la Société Centrale Canine, contre 87 en 2024.
Pourquoi le Pékinois est-il parfois appelé « Épagneul Pékinois » ?
C'est le nom officiel utilisé pour l'enregistrement de la race au LOF en France, bien que « Pékinois » reste le nom d'usage courant.

Sources et références

[1] Fédération Cynologique Internationale, Standard FCI N°207 — Pékinois, révision du 26.03.2009. https://www.fci.be/Nomenclature/Standards/207g09-fr.pdf

[2] Wikipedia (EN), « Pekingese » — histoire (cour impériale, légendes, pillage du Palais d'Été en 1860, Looty), santé, espérance de vie (étude britannique de 2024). https://en.wikipedia.org/wiki/Pekingese

[3] Zooplus, fiche Pékinois — caractère, éducation. https://www.zooplus.fr/magazine/chien/races-de-chien/pekinois

[4] Fédération Cynologique Internationale, Commission scientifique, « Races brachycéphales et syndrome obstructif respiratoire brachycéphale (SORB) » — races concernées, prévalence, recommandations. https://www.fci.be/medias/SCI-COM-RAP-BOAS-fr-12684.pdf

[5] Zooplus, fiche Pékinois — prix d'achat. https://www.zooplus.fr/magazine/chien/races-de-chien/pekinois

[6] Société Centrale Canine, Statistiques LOF 2025 par race — inscriptions Épagneul Pékinois (74 en 2025, 87 en 2024). https://www.centrale-canine.fr/sites/default/files/2026-01/Statistiques%20LOF%202025.pdf