En bref : reconnaissable entre tous à sa tête ovoïde sans cassure, en forme d'« œuf de rugby », le Bull Terrier est un chien de type terrier de fort gabarit né en Grande-Bretagne au XIXᵉ siècle. Depuis 2012, sa version miniature n'est plus une simple variété mais une race à part entière, le Bull Terrier Miniature. Sous des dehors robustes se cache un compagnon joueur et attachant, mais qui demande une éducation ferme et un suivi santé attentif, notamment chez les sujets à robe blanche.
| Le Bull Terrier en un coup d'œil | |||
|---|---|---|---|
| Origine | Groupe FCI | Taille au garrot | Prix moyen |
| Grande-Bretagne | Groupe 3, Section 3 (n°11) | Pas de limite fixée par le standard | 1 500-1 700 € |
Le standard ne fixe pas non plus de limite de poids. Sa variété miniature, le Bull Terrier Miniature, est une race distincte depuis 2012, limitée à 35,5 cm au garrot — voir la section 03.
01 — Le Bull Terrier en bref
Le Bull Terrier est reconnu par la FCI sous le numéro de standard 11, au sein du Groupe 3 (Terriers), Section 3 (Terriers de type Bull, sans épreuve de travail). Le standard officiel a été publié le 05.07.2011[1]. Il ne fixe aucune limite de taille ou de poids : le chien doit simplement « donner l'impression du maximum de substance par rapport à sa taille »[1].
02 — Origine et histoire
Le Bull Terrier naît en Angleterre dans la première moitié du XIXᵉ siècle, à une époque où les combats de chiens et le « bull-baiting » (chien lâché contre un taureau attaché) restaient un divertissement répandu malgré leur interdiction officielle en 1835. Des éleveurs croisent alors le Bulldog anglais de l'époque, puissant et tenace, avec différents terriers plus vifs et agiles, pour obtenir le « Bull and Terrier »[2].
C'est James Hinks, éleveur de Birmingham, qui transforme ce chien de combat en animal plus raffiné à partir des années 1850-1860, en le croisant notamment avec l'English White Terrier (race aujourd'hui éteinte) et, selon plusieurs sources, avec du Dalmatien pour affiner la silhouette. Il présente son chien « Puss » au concours canin de Cremorne Gardens à Londres en 1862, lançant la popularité de ce nouveau type, alors surnommé le « White Cavalier » en raison de sa robe presque exclusivement blanche[2].
Le Kennel Club britannique reconnaît la race en 1873, et l'English Bull Terrier Club est fondé en 1887[3]. La silhouette continue d'évoluer par la suite : c'est le chien Lord Gladiator, né en 1917, qui popularise la tête ovoïde caractéristique, au stop si peu marqué qu'il semble absent — c'est cette évolution qui donne au Bull Terrier moderne son profil en « œuf de rugby », bien différent du chien du XIXᵉ siècle[2].
Les complications de santé liées à l'élevage centré sur le blanc (voir section 04) ont conduit certains éleveurs, dans la première moitié du XXᵉ siècle, à réintroduire de la couleur via des croisements avec le Staffordshire Bull Terrier. Les variétés colorées obtiennent une reconnaissance séparée par l'American Kennel Club en 1936, le bringé devenant une teinte particulièrement recherchée[2]. La FCI reconnaît la race en 1993.
03 — Bull Terrier Miniature : une race sœur devenue indépendante
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2012, le Bull Terrier Miniature n'est plus considéré comme une simple variété du Bull Terrier mais comme une race à part entière au sein de la nomenclature FCI, avec son propre numéro de standard (N°359) et son propre CACIB en exposition[4]. Le standard du Miniature reprend pourtant mot pour mot celui du Bull Terrier, à la seule exception de la taille : la hauteur au garrot ne doit pas dépasser 35,5 cm, alors qu'aucune limite n'existe pour le format standard[4].
Historiquement, le format miniature n'a rien d'une invention récente : à sa création au XIXᵉ siècle, le Bull Terrier avait un gabarit proche de celui du Miniature actuel — c'est le format standard qui a progressivement grandi. La variété miniature avait été retirée du registre du Kennel Club en 1918 avant d'être relancée en 1938 sous l'impulsion du colonel Richard Glyn et de plusieurs associés[4].
04 — Caractère et besoins
Le standard FCI décrit un chien « courageux, plein d'entrain et joueur », au « tempérament égal, obéissant aux ordres » et, malgré son entêtement, « particulièrement doux envers les gens »[1]. C'est un chien énergique, joueur jusqu'à un âge avancé et très attaché à sa famille, mais son caractère affirmé demande une éducation cohérente dès le plus jeune âge et une socialisation précoce avec les autres chiens, la race pouvant se montrer peu tolérante envers ses congénères sans que ce soit systématique.
05 — Santé
Le Bull Terrier affiche une espérance de vie généralement estimée entre 10 et 13 ans selon les sources consultées ; nous n'avons pas identifié d'étude vétérinaire à grande échelle faisant référence sur ce chiffre précis, il s'agit donc d'une fourchette indicative plutôt que d'une donnée certaine[5].
La surdité congénitale est le problème de santé le plus solidement documenté scientifiquement pour la race : une étude régulièrement citée, publiée dans « The Veterinary Journal », évalue sa prévalence à environ 20 % chez les Bull Terriers à robe blanche, contre un peu plus de 1 % chez les sujets colorés[5]. Un test BAER (potentiels évoqués auditifs) est recommandé sur les chiots, en particulier blancs, avant toute vente ou reproduction.
La néphrite héréditaire du Bull Terrier est une maladie rénale génétique bien caractérisée dans la littérature scientifique, transmise sur un mode autosomique dominant et étudiée comme modèle animal du syndrome d'Alport chez l'humain, une publication de référence étant parue dans la revue « Kidney International » en 1995[6]. Une polykystose rénale a également été documentée chez la race.
L'acrodermatite létale est une maladie génétique rare et mortelle touchant exclusivement les sujets à robe blanche, provoquant un retard de croissance, une immunodéficience et des lésions cutanées, généralement fatale avant l'âge de 2 ans[5]. Sténose aortique et dysplasie de la valve mitrale sont par ailleurs deux affections cardiaques régulièrement citées dans la littérature consacrée à la race[5].
Le comportement de poursuite compulsive de la queue (« tail chasing ») a fait l'objet de plusieurs études scientifiques chez le Bull Terrier, souvent cité comme modèle d'étude des troubles obsessionnels compulsifs canins, sans qu'un consensus définitif soit établi sur ses causes exactes[5]. Ces éléments sont donnés à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un vétérinaire.
06 — Entretien
Le poil du Bull Terrier est court, plat et dense — un brossage hebdomadaire avec une brosse en caoutchouc ou un gant suffit, un peu plus fréquent lors des mues saisonnières. Sa peau fine et sa robe souvent claire le rendent sensible aux coups de soleil et aux irritations cutanées, ce qui justifie une vigilance particulière en cas d'exposition prolongée au soleil. C'est un chien musclé et énergique qui a besoin d'un exercice quotidien substantiel, sous peine de développer des comportements indésirables liés à l'ennui.
07 — Budget et prix
En France, le prix d'un chiot Bull Terrier inscrit au LOF se situe le plus souvent entre 1 500 et 1 700 €, avec des variations selon la lignée, la région et le sexe du chiot[7]. Il faut ajouter à ce budget d'acquisition les frais vétérinaires réguliers, l'alimentation et une assurance santé animale, particulièrement pertinente compte tenu des prédispositions génétiques évoquées en section 05.
Côté LOF, la tendance est à la baisse pour les deux races : 450 chiots Bull Terrier inscrits en 2024 (-20 % par rapport à 2023) et 407 chiots Bull Terrier Miniature (-16 %) — deux races d'effectif modeste au sein du groupe des Terriers[8].
08 — Le Bull Terrier est-il fait pour vous ?
Le Bull Terrier séduit par son allure hors norme et son tempérament joueur et attachant, mais il ne convient pas à tous les foyers : il demande un maître disponible, cohérent dans son éducation, prêt à assurer une dépense physique quotidienne et une socialisation attentive dès le plus jeune âge. Mieux vaut s'orienter vers un élevage sérieux pratiquant les dépistages de santé recommandés, en particulier le test BAER pour les sujets blancs. Bonne nouvelle sur le plan réglementaire : la race n'est pas soumise en France aux catégories de chiens dits « dangereux » définies par la loi de 1999.
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Questions fréquentes
Le Bull Terrier et le Bull Terrier Miniature sont-ils la même race ?
Le Bull Terrier est-il un chien dangereux ou catégorisé en France ?
Est-il vrai que tous les Bull Terriers blancs sont sourds ?
Le Bull Terrier convient-il à un premier chien ?
Sources et références
[1] Fédération Cynologique Internationale, standard officiel du Bull Terrier, N°11, publié le 05.07.2011. https://www.fci.be/Nomenclature/Standards/011g03-fr.pdf
[2] Wikipedia (EN), « Bull Terrier » — histoire, James Hinks, santé. https://en.wikipedia.org/wiki/Bull_Terrier
[3] Chien.com, « L'histoire du Bull Terrier » — dates de reconnaissance (Kennel Club 1873, English Bull Terrier Club 1887, FCI 1993). https://www.chien.com/races-de-chiens/histoire-bull-terrier-53-21.php
[4] Fédération Cynologique Internationale, standard officiel du Bull Terrier Miniature, N°359. https://www.fci.be/Nomenclature/Standards/359g03-fr.pdf ; Wikipedia (EN), « Miniature Bull Terrier ». https://en.wikipedia.org/wiki/Miniature_Bull_Terrier
[5] Chien.com, « Santé, maladies et espérance de vie du Bull Terrier » — espérance de vie, surdité, acrodermatite létale, troubles cardiaques et compulsifs. https://www.chien.com/races-de-chiens/sante-bull-terrier-53-24.php
[6] Kidney International, 1995, « Bull terrier hereditary nephritis: a model for autosomal dominant Alport syndrome ». https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7752574/
[7] Chien.com, « Le prix d'un chiot Bull Terrier vendu par un éleveur ». https://www.chien.com/races-de-chiens/prix-bull-terrier-53-38.php
[8] Société Centrale Canine, Statistiques LOF 2024 par groupe de race. https://www.centrale-canine.fr/sites/default/files/2025-01/Statistiques%20LOF%202024_0.pdf