En bref : Né dans les usines textiles du Yorkshire au XIXe siècle comme chien ratier, le Yorkshire Terrier est devenu l'un des petits chiens de compagnie les plus populaires au monde. Vif, courageux et très attaché à son maître malgré son gabarit minuscule, il reste un vrai terrier dans l'âme — et son histoire compte l'un des chiens les plus héroïques de la Seconde Guerre mondiale.
| Le Yorkshire Terrier en un coup d'œil | |||
|---|---|---|---|
| Origine | Poids | Espérance de vie | Prix moyen |
| Grande-Bretagne (Yorkshire) | Jusqu'à 3,2 kg | 12,5-14,3 ans | 1 600-2 000 € |
Le standard officiel FCI ne précise pas de taille au garrot pour cette race, uniquement un poids maximal.
01 — Le Yorkshire Terrier en bref
Reconnu par la FCI sous le numéro de standard 86 (révision du 10 novembre 2011), le Yorkshire Terrier appartient au Groupe 3, terriers, section 4 « Terriers d'agrément ». Le standard officiel ne fixe qu'un poids maximal de 3,2 kg, sans taille au garrot précise[1].
02 — Origine et histoire
Le Yorkshire Terrier est né au milieu du XIXe siècle dans le comté du Yorkshire, en Angleterre, en pleine révolution industrielle. Des ouvriers écossais venus travailler dans les mines et les filatures du nord de l'Angleterre auraient amené avec eux plusieurs types de terriers locaux — Paisley Terrier, Skye Terrier, Clydesdale Terrier, terriers noir et feu — croisés localement, avec une possible contribution du Bichon maltais pour le caractère soyeux du poil. Ces petits chiens robustes étaient utilisés pour chasser les rats dans les usines textiles et les mines de charbon[2].
La fixation du type moderne de la race doit énormément à un chien précis : Huddersfield Ben (vers 1865-1871), élevé par un certain M. Eastwood et possédé par M. et Mme Foster de Bradford. Bien que pesant lui-même entre 4 et 5,5 kg, il a régulièrement engendré des chiots de moins de 3,2 kg, contribuant à fixer le petit gabarit recherché aujourd'hui. Surnommé le « père de la race », il a remporté 74 prix en exposition canine, dont deux premiers prix au Crystal Palace en 1870. Il est mort à six ans, renversé par une calèche ; son corps, naturalisé, a été exposé puis perdu après la Seconde Guerre mondiale[3].
À la fin du XIXe siècle, le Yorkshire Terrier quitte progressivement les usines pour devenir un chien de compagnie et d'exposition très prisé de la bonne société victorienne, un basculement de statut social assez typique des petites races terriers de cette époque.
03 — Smoky, le Yorkshire Terrier devenu héros de guerre
L'histoire la plus marquante associée à la race est celle de Smoky, une femelle Yorkshire Terrier trouvée en février 1944 dans une tranchée en Nouvelle-Guinée et achetée deux livres australiennes par le soldat américain Bill Wynne. Ne pesant que 1,8 kg pour 18 cm au garrot, elle a accompagné le bataillon de Wynne à travers le théâtre du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale[4].
Son fait d'armes le plus célèbre a eu lieu lors de la campagne de Luzon, aux Philippines : l'armée américaine devait faire passer un câble télégraphique dans une canalisation de 21 mètres de long et 20 cm de diamètre, partiellement obstruée par de la terre (parfois seulement 10 cm de passage). Plutôt que de creuser pendant trois jours sous un risque de bombardement, Wynne a attaché une ficelle au collier de Smoky et l'a guidée à la voix à travers la canalisation. Cet exploit a permis de maintenir opérationnels une quarantaine d'avions de chasse et de reconnaissance américains sans exposer environ 250 hommes d'équipage au sol à un chantier dangereux[4].
À partir de juillet 1944, Smoky a également accompagné les infirmières du 233e hôpital de campagne en Nouvelle-Guinée pour réconforter les blessés — un rôle qu'elle a poursuivi pendant douze ans, ce qui lui vaut d'être considérée par certaines sources comme le premier chien de thérapie recensé. Elle est morte le 21 février 1957, à environ 14 ans, et son histoire a largement contribué à relancer la popularité de la race après-guerre[4].
04 — Caractère, besoins et éducation
Le standard officiel décrit un chien « plein d'entrain, d'un naturel égal ». Malgré son format toy, le Yorkshire Terrier reste un vrai terrier dans le tempérament : vif, courageux, parfois têtu, et pas du tout conscient de sa petite taille face à des chiens bien plus grands[1].
- Attachement fort au maître — c'est un chien de compagnie avant tout, qui supporte mal d'être longtemps seul.
- Vigilance et aboiement — hérité de son passé de chien ratier, un instinct de vigilance qui se traduit souvent par des aboiements à canaliser dès le plus jeune âge.
- Caractère de terrier — déterminé et parfois entêté malgré son petit gabarit, ce qui demande une éducation cohérente dès le départ plutôt qu'un simple maternage lié à sa taille.
- Fragilité physique liée au format toy — la manipulation par de jeunes enfants doit être encadrée, les chutes et chocs pouvant être plus graves que pour un chien de plus grand gabarit.
La méthode positive (renforcement par la récompense) est recommandée par les sources consultées, avec une socialisation précoce pour limiter les aboiements excessifs envers les inconnus.
05 — Santé
Plusieurs affections reviennent régulièrement dans les guides de race consultés : la luxation de la rotule, très fréquente chez les petits gabarits ; le shunt porto-systémique, une malformation congénitale des vaisseaux sanguins du foie qui empêche une détoxification correcte du sang, pouvant se traduire par des troubles du comportement, un retard de croissance et une perte d'appétit avant l'âge de deux ans ; le collapsus trachéal, à limiter en privilégiant le harnais plutôt que le collier ; et des anomalies de mâchoire (prognathisme, brachygnathisme) le plus souvent esthétiques. Une source anglophone cite également une prévalence de maladie parodontale atteignant 98 % des sujets dès 37 semaines, un chiffre qui, sans que nous ayons pu remonter à l'étude source exacte, converge avec le consensus général sur la fragilité dentaire des petites races à mâchoire étroite[5][6].
L'espérance de vie est généralement bonne pour un chien de compagnie : plusieurs études citées convergent entre 12,5 et 14,3 ans[6].
Ces éléments sont donnés à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un vétérinaire, seul habilité à examiner et suivre votre chien.
06 — « Yorkshire Toy » ou « Yorkshire mini » : attention à ce terme commercial
Il est fréquent de croiser, notamment sur des sites d'élevage ou de vente, les appellations « Yorkshire Toy » ou « Yorkshire mini » pour désigner des sujets particulièrement petits, généralement en dessous de 2 kg. Il est important de le savoir avant d'acheter : ce n'est pas une variété officiellement reconnue par la FCI, mais un terme commercial désignant des Yorkshire Terrier sélectionnés pour un gabarit encore inférieur au standard officiel (déjà limité à 3,2 kg)[7].
Cette sélection pour l'extrême petitesse n'est pas sans risque : plusieurs sources spécialisées avertissent qu'un gabarit inférieur à 2 kg augmente la vulnérabilité aux fractures, aux troubles cardiaques et aux problèmes dentaires. Nous n'avons pas trouvé d'étude épidémiologique chiffrant précisément ce risque pour cette sous-catégorie non standardisée, mais l'avertissement revient de façon constante dans les sources consultées, ce qui invite à la prudence face à ce type d'annonce[7].
07 — Budget et prix
Comptez environ 1 600 € pour un chiot Yorkshire Terrier destiné à la compagnie, et autour de 2 000 € pour un sujet destiné aux expositions canines. Le budget d'entretien annuel est estimé à un minimum de 700 €, auquel il faut ajouter au moins 150 € de toilettage professionnel par an compte tenu de l'entretien du poil long, soit environ 850 € par an au total[8].
Selon les statistiques officielles de la Société Centrale Canine, 2 163 Yorkshire Terrier ont été inscrits au LOF en France en 2025, contre 2 408 en 2024 (-10 %). La race reste malgré cette baisse l'une des plus populaires du Groupe 3 (Terriers), juste derrière le Staffordshire Bull Terrier[9].
08 — Le Yorkshire Terrier est-il fait pour vous ?
C'est un chien de compagnie adapté à la vie en appartement comme en maison, y compris pour un maître débutant à condition d'accepter une éducation cohérente malgré le petit gabarit. Il convient bien aux personnes recherchant un compagnon proche et présent au quotidien, mais moins à un foyer avec de très jeunes enfants sans supervision, sa fragilité physique demandant des précautions particulières lors des manipulations.
Avant de vous engager, renseignez-vous sur les démarches pour adopter un chien de manière responsable, méfiez-vous des annonces mettant en avant un format « toy » ou « mini » sans lien avec le standard officiel, et privilégiez un éleveur capable de vous présenter les parents.
Questions fréquentes
Le Yorkshire Terrier était-il vraiment un chien ratier ?
Qui était Smoky, le Yorkshire Terrier de la Seconde Guerre mondiale ?
Le « Yorkshire Toy » ou « Yorkshire mini » est-il une race à part ?
Le Yorkshire Terrier est-il un bon chien de famille ?
Quel budget prévoir pour un Yorkshire Terrier ?
Sources et références
[1] Fédération Cynologique Internationale, Standard FCI N°86 — Yorkshire Terrier, révision du 10.11.2011. https://www.fci.be/Nomenclature/Standards/086g03-fr.pdf
[2] Wikipedia (EN), « Yorkshire Terrier » — origine, ouvriers écossais, races ancêtres (Paisley Terrier, Skye Terrier, Clydesdale Terrier). https://en.wikipedia.org/wiki/Yorkshire_Terrier
[3] Wikipedia (EN), « Huddersfield Ben » — biographie du chien fondateur de la race. https://en.wikipedia.org/wiki/Huddersfield_Ben
[4] Wikipedia (EN), « Smoky (war dog) » ; Wikipédia (FR), « Smoky (chien) » — histoire vérifiée du Yorkshire Terrier héros de la Seconde Guerre mondiale. https://en.wikipedia.org/wiki/Smoky_(war_dog) ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Smoky_(chien)
[5] Toutoupourlechien.com, fiche maladies du Yorkshire Terrier — luxation rotulienne, shunt porto-systémique, collapsus trachéal, anomalies de mâchoire. https://www.toutoupourlechien.com/race-de-chien/yorkshire-terrier/maladies.html
[6] Wikipedia (EN), « Yorkshire Terrier » — prévalence de maladie parodontale, espérance de vie (12,5-14,3 ans selon plusieurs études citées). https://en.wikipedia.org/wiki/Yorkshire_Terrier
[7] Yorkshires.fr, « Tout savoir sur le Yorkshire Toy ou Nain » — statut non officiel, risques de la sélection pour l'extrême petitesse. https://www.yorkshires.fr/yorkshire-toy/
[8] Chien.com, « Le prix d'un chiot Yorkshire Terrier vendu par un éleveur » — prix d'achat et budget annuel. https://www.chien.com/races-de-chiens/prix-yorkshire-terrier-23-38.php
[9] Société Centrale Canine, Statistiques LOF 2025 par race — inscriptions Yorkshire Terrier (2 163 en 2025, 2 408 en 2024). https://www.centrale-canine.fr/sites/default/files/2026-01/Statistiques%20LOF%202025.pdf