En bref : cette famille regroupe les chiens sélectionnés pour accompagner l'homme à la chasse, qu'ils travaillent au nez (chiens courants), à l'arrêt (chiens d'arrêt) ou au rapport (retrievers). C'est la famille la plus large et la plus diverse de ce guide, avec 16 races couvrant trois techniques de chasse très différentes — mais aussi certains des compagnons de famille les plus populaires au monde, comme le Labrador ou le Golden Retriever.
L'histoire des chiens de chasse
Les chiens courants forment la branche la plus ancienne de cette famille : sélectionnés pour suivre une piste odorante au sol plutôt que pour repérer le gibier à vue, ils remontent à des lignées de petits chiens de meute chassant déjà le lièvre en Angleterre avant l'invasion romaine de 55 av. J.-C. Le nom « Beagle » apparaît dans la littérature anglaise dès 1475, mais la race telle qu'on la connaît aujourd'hui descendrait notamment des Talbot Hounds introduits par Guillaume le Conquérant au XIᵉ siècle. Le Chien de Saint-Hubert (ancêtre du Bloodhound britannique) doit son nom à une légende selon laquelle des moines de l'abbaye de Saint-Hubert, dans les Ardennes belges, l'auraient sélectionné vers l'an 1000 — une origine que les historiens jugent en réalité plus complexe, la race étant sans doute issue de plusieurs souches françaises. Le Basset Hound partage cette ascendance, sa silhouette basse (« bas » en français) résultant d'une sélection pour chasser en sous-bois dense. Le Kopov, quant à lui, reste un chien courant traditionnel de Slovaquie, utilisé de longue date pour la traque du sanglier et du cerf en montagne.[1]
Les chiens d'arrêt continentaux forment une deuxième grande branche, développée en Allemagne, en France et aux Pays-Bas au XIXᵉ siècle pour des chasseurs cherchant un chien polyvalent capable de quêter, arrêter le gibier et le rapporter. Le Braque Allemand est issu de croisements du Pointer espagnol ancien avec des chiens de chasse locaux, standardisé lors d'une exposition canine à Hanovre en 1879. Le Braque de Weimar est parfois rattaché à la cour du grand-duc Charles-Auguste de Saxe-Weimar-Eisenach au début du XIXᵉ siècle, une origine aristocratique difficile à vérifier précisément ; son club de race a en tout cas été fondé à Erfurt en 1897. Le Griffon Korthals doit son nom à son créateur, le Néerlandais Eduard Karel Korthals, qui a fixé le type à partir de 1873-1874 dans son élevage de Biebesheim, en Allemagne, avant que la race ne se développe surtout en France. Le Drahthaar (chien d'arrêt allemand à poil dur) et les épagneuls continentaux comme l'Épagneul Breton ou le Petit Épagneul de Münster relèvent de la même tradition de sélection pour la polyvalence, fixée progressivement entre la fin du XIXᵉ et le début du XXᵉ siècle.[2]
Outre-Manche, une tradition différente s'est développée autour des chiens d'arrêt britanniques. Le terme « setter » désigne un chien qui, en détectant le gibier à l'odeur, se fige en position couchée ou debout (« to set ») plutôt que de le poursuivre — une pratique vieille de plus de 400 ans en Angleterre. Le Setter Anglais moderne doit beaucoup au travail de sélection d'Edward Laverack à partir de 1826. Le Pointer anglais, sélectionné selon un principe similaire, était historiquement utilisé aux côtés de lévriers : il localisait le gibier à l'arrêt avant que les lévriers ne le prennent en chasse, avant que cette pratique ne soit progressivement remplacée par la chasse au fusil. Le Cocker Spaniel doit son nom à sa spécialité de chasse à la bécasse (« woodcock » en anglais) ; la race a été officiellement séparée de l'Épagneul Springer Anglais par le Kennel Club britannique en 1892.[3]
Le Labrador et le Golden Retriever, aujourd'hui parmi les chiens de compagnie les plus populaires au monde, sont eux aussi issus de cette tradition de chasse. Le Labrador descend du St. John's Dog, un chien de pêcheurs de Terre-Neuve ramené en Angleterre au XIXᵉ siècle pour ses talents de nageur et de rapporteur de gibier d'eau ; c'est le comte de Malmesbury qui aurait le premier utilisé le nom « Labrador Dog » pour le désigner. Le Golden Retriever, lui, a longtemps été entouré d'une légende tenace selon laquelle il descendrait de chiens de cirque russes — un récit définitivement démenti dans les années 1950 par la redécouverte des carnets d'élevage de Lord Tweedmouth, qui documentent le croisement, à partir de 1865 sur son domaine écossais de Guisachan, d'un retriever jaune nommé Nous avec une Épagneul d'eau du Tweed nommée Belle.[4]
Le Teckel, enfin, occupe une place à part : son nom vient de l'allemand « Dachs » (blaireau) et « Hund » (chien), soit littéralement « chien à blaireau ». Sa silhouette allongée et ses pattes courtes lui permettaient de s'engager directement dans les terriers pour déloger le blaireau, une fonction attestée dans des ouvrages de chasse allemands dès le début du XVIIIᵉ siècle sous les noms de « Dachs Kriecher » (rampeur à blaireau) ou « Dachs Krieger » (guerrier du blaireau).[5]
Les caractéristiques communes des chiens de chasse
- Un flair ou un instinct de chasse très développé : que ce soit au nez (chiens courants), à l'arrêt (braques, setters, pointers) ou au rapport (retrievers), ces chiens ont été sélectionnés génération après génération pour une aptitude de chasse précise.
- Un besoin d'exercice quotidien important : des chiens conçus pour travailler des heures sur le terrain ont, pour la plupart, une endurance et une énergie qui demandent des sorties longues et régulières, bien au-delà d'une simple promenade.
- Une intelligence orientée vers la tâche : très réceptifs au travail et à l'entraînement, ces chiens s'épanouissent particulièrement dans les activités canines type pistage, cani-cross, obéissance ou disciplines de rapport.
- Un instinct qui peut se manifester même sans chasse : un chien courant peut suivre une piste odorante au mépris du rappel, un chien d'arrêt peut se figer devant un oiseau, un retriever peut vouloir rapporter le moindre objet — des comportements hérités qu'il faut canaliser plutôt que réprimer.
- Une grande diversité de gabarits et de tempéraments : du petit Teckel au grand Pointer, du Beagle joueur au Setter placide, cette famille couvre un éventail de profils bien plus large que les autres familles de ce guide.
Pourquoi choisir un chien de cette famille ?
Il n'est pas nécessaire d'être chasseur pour adopter un chien de cette famille : le Labrador et le Golden Retriever, en particulier, comptent parmi les compagnons de famille les plus recherchés au monde, appréciés pour leur douceur et leur sociabilité. D'autres races, comme le Beagle ou le Cocker, se sont également largement fait une place comme chiens de compagnie tout en conservant un instinct de chasse intact. Ces chiens conviennent à un maître actif, prêt à leur offrir une réelle dépense physique et mentale au quotidien, et à canaliser leur instinct naturel par une éducation cohérente.
Le revers : sans activité suffisante, beaucoup de ces races peuvent devenir destructrices ou bruyantes (aboiements, hurlements chez les chiens courants). Leur instinct de poursuite d'une odeur ou d'un mouvement reste une source fréquente de fugues, notamment chez les chiens courants et les chiens d'arrêt, ce qui impose une vigilance particulière en extérieur et un rappel travaillé dès le plus jeune âge.
Quelles sont les races de chiens de chasse ?
| Race | Origine | Gabarit | Prix moyen | En un mot |
|---|---|---|---|---|
| Teckel | Allemagne | 35-47 cm (variété standard) | 900-2 000 € | Le chasseur de blaireaux |
| Setter Anglais | Grande-Bretagne | 61-68 cm | 800-1 500 € | Chien d'arrêt élégant |
| Petit Épagneul de Münster | Allemagne | 50-56 cm | 600-900 € | Polyvalent et discret |
| Épagneul Breton | France (Bretagne) | 47-51 cm | 700-1 500 € | Le plus petit chien d'arrêt |
| Cocker Spaniel Anglais | Grande-Bretagne | 38-41 cm | 900-1 300 € | Chasseur de bécasses |
| Chien de Saint-Hubert | Belgique | 62-68 cm | 1 200-2 000 € | Le nez le plus fin |
| Braque de Weimar | Allemagne | 57-70 cm | 1 100-2 000 € | Le fantôme gris |
| Braque Allemand | Allemagne | 58-66 cm | 600-1 500 € | Chien d'arrêt polyvalent |
| Beagle | Grande-Bretagne | 33-40 cm | 800-1 500 € | Nez au sol, chien de meute |
| Kopov | Slovaquie | 40-50 cm | 500-1 000 € | Chien courant slovaque |
| Basset Hound | Grande-Bretagne (souches françaises) | 33-38 cm | 900-1 500 € | Nez proche du sol |
| Labrador Retriever | Grande-Bretagne | 54-57 cm | 1 200-2 000 € | Rapporteur de gibier d'eau |
| Golden Retriever | Grande-Bretagne | 51-61 cm | 1 200-2 000 € | Rapporteur doux et polyvalent |
| Drahthaar | Allemagne | 57-68 cm | 1 000-1 300 € | Chien d'arrêt à poil dur |
| Pointer Anglais | Grande-Bretagne | 61-69 cm | 800-1 200 € | L'arrêt statuaire |
| Griffon Korthals | Pays-Bas / France | 50-60 cm | 700-900 € | Chien d'arrêt à poil dur |
Prix indicatifs pour un chiot inscrit au LOF en France ; voir la fiche de chaque race pour le détail des sources et les fourchettes complètes.
Comment choisir sa race de chien de chasse ?
Pour un foyer familial cherchant avant tout un compagnon sociable, le Labrador ou le Golden Retriever restent des valeurs sûres, à condition de leur offrir une réelle dépense physique quotidienne. Pour un logement plus modeste ou un maître moins expérimenté, le Cocker, l'Épagneul Breton ou le Petit Épagneul de Münster offrent un format plus compact tout en restant très actifs. Pour un chasseur ou un pratiquant de disciplines canines de pistage, les chiens courants (Beagle, Basset Hound, Chien de Saint-Hubert, Kopov) valorisent pleinement leur flair exceptionnel. Le Teckel, enfin, séduit ceux qui cherchent un petit chien au caractère bien trempé, sans toujours avoir vocation à chasser le blaireau aujourd'hui.
Questions fréquentes
Faut-il être chasseur pour adopter un chien de cette famille ?
Quelle est la différence entre un chien courant et un chien d'arrêt ?
Ces chiens peuvent-ils vivre en appartement ?
Pourquoi mon chien de chasse suit-il une odeur sans réagir au rappel ?
Sources et références
[1] Chiens courants : Beagle (attesté dans la littérature anglaise dès 1475, filiation aux Talbot Hounds), Chien de Saint-Hubert / Bloodhound (légende de l'abbaye de Saint-Hubert, avec réserve historique sur son origine exacte), Basset Hound — Beagle History, AKC ; Bloodhound, Wikipédia
[2] Chiens d'arrêt continentaux : Braque Allemand (standardisé à Hanovre en 1879), Braque de Weimar (lien avec la cour de Weimar évoqué avec prudence par les sources, club de race fondé en 1897), Griffon Korthals (créé par Eduard Karel Korthals à partir de 1873-1874) — German Shorthaired Pointer, Wikipédia ; Weimaraner, Wikipédia ; Wirehaired Pointing Griffon, Wikipédia
[3] Chiens d'arrêt britanniques : origine du terme « setter », Setter Anglais façonné par Edward Laverack à partir de 1826, Cocker Spaniel nommé d'après la chasse à la bécasse et séparé de l'Épagneul Springer en 1892 — English Setter, Wikipédia ; Cocker Spaniel, Wikipédia
[4] Labrador Retriever (origine St. John's Dog de Terre-Neuve, comte de Malmesbury) et Golden Retriever (croisement de Lord Tweedmouth à partir de 1865, mythe des chiens de cirque russes démenti dans les années 1950) — Labrador Retriever History, AKC ; The Origins of the Golden Retriever Revisited, GRCA
[5] Étymologie et histoire du Teckel (Dachshund) : « chien à blaireau », attesté dans des ouvrages de chasse allemands dès le début du XVIIIᵉ siècle — Dachshund, Wikipédia
Retrouvez l'ensemble de nos fiches races sur la page Races de chiens, ainsi que notre collier GPS connecté, particulièrement utile pour surveiller un chien de chasse au flair aussi développé que le sien lors de vos sorties.